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Vent de panique sur les marchés financiers

30 octobre 2018 : Lucas Ledru

Vent de panique sur les marchés financiers

Depuis le 4 octobre 2018 une forte correction de marché a lieu sur toutes les places boursières du monde. A l’heure où l’incertitude bat son plein, le CAC40 recule de 10.34% le Dow-Jones de 6.60%, le Nasdaq de 10.88% et le Nikkei de 11%. En cause, une forte incertitude que le marché n’arrive pas à « pricer ».


Comment celle-ci se caractérise-t-elle dans les faits ?


Les marchés US sont en effet fragilisés par un changement de politique monétaire qui se traduit par la fin du quantitative easing et la remontée des taux directeurs à 2.25% par la réserve fédérale. Dernière en date, celle du 27 septembre. Ce phénomène est à l’origine d’une tension obligataire notamment sur le 10 ans américain qui a atteint 3.20% courant semaine dernière.


On remarquait clairement un ralentissement des achats de dette américaine par l’étranger mais si celle-ci venait à atteindre 3.40% les investisseurs pourraient se ruer à nouveau sur la valeur refuge ultime. À noter que la FED prévoit une autre hausse en 2018 et trois hausses supplémentaires en 2019. L’augmentation de décembre a déjà été « pricée » par les marchés, l’incertitude se pose sur celles qui arriveront en 2019.



… Aux conséquences commerciales et géopolitiques mondialisées ...


Depuis cette annonce, Trump, craintif en vue des midterms qui approchent à grands pas, s’est engagé dans un bras de fer avec Monsieur Powell. La guerre commerciale sino-américain crée également une incertitude pesante à la fois sur les pays directement concernés mais également sur l’Europe, le Japon et la Corée du Sud notamment. En effet, pour 1 point de taxe douanière imposé par les États-Unis contre la Chine, les exportations pour l’Europe et le Japon reculent respectivement de 0.6 et 0.5% selon une étude de la Coface. Le FMI met en garde, la guerre commerciale pourrait entacher d’1.6% la croissance chinoise. Celle-ci recule d’ailleurs à 6.5% contre 6.6% selon les attentes. Les ventes au détail baissent, les prix sur le cuivre et l’aluminium se tendent. Des changements de politique monétaire et budgétaire sont à anticiper. Le gouvernement se veut rassurant quant à sa stratégie de relance à court terme, les économistes le sont moins. Le premier ministre chinois juge qu’il s’agit d’une belle opportunité d’achat.


Côté européen, la commission a rejeté la semaine dernière le projet de budget Italien, grande première dans son histoire. Les dirigeants italiens ne semblent pas prêts à modifier ce dernier. Rappelons que l’Italie pèse 15% du PIB Européen. Son poids lui donnera sûrement raison dans les prochaines semaines. L’autre problème que reflète le cas Italien est la montée du populisme en Europe. La date butoir pour les accords sur le Brexit arrive, et le scénario du « No Deal » commence à inquiéter de plus en plus les marchés, notamment sur les transports de marchandises entre l’Europe et la Grande Bretagne. L’augmentation des contrôles douaniers pourraient mener à un ralentissement des échanges. Une prolongation d’un an est à venir.


Tout cela ne semble pas inquiéter la Banque Centrale Européenne, à l’image du discours de Mario Draghi qui s’est voulu une fois de plus rassurant.

… Qui s’annonce encore plus marquée dans les semaines à venir ...


Malgré un rebond jeudi dernier, et des chiffres positifs sur la croissance américaine, les marchés continuent leurs trajectoires baissières. Il se pourrait bien que la correction ne soit pas terminée, certains analystes évoquent notamment de chuter à 4600 points sur le CAC. Ce scénario affecte énormément l’état d’esprit des investisseurs, de ce fait, les nombreuses publications d’entreprises positives passent inaperçues, les négatives en revanche sont très nettement sanctionnées. Ainsi, les marchés internationaux traversent une période d’incertitude marquée. Contrairement au risque, l’incertitude ne se probabilise pas et entraîne souvent une surréaction des marchés qui n’arrivent pas à attribuer un prix aux actifs risqués.


Article rédigé par Louison BAZANTAY, Skema Conseil Nice Sophia Antipolis 

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