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La FinTech, ou la lente normalisation d’une innovation

15 décembre 2020 : SKEMA Conseil

La FinTech, ou la lente normalisation d’une innovation

La pandémie de coronavirus, qui a secoué le monde, et qui pousse aujourd’hui la France dans un second confinement, a aussi et surtout mis au grand jour les failles de cet entre-deux qui a caractérisé le début du 21ème siècle : là où des secteurs embrassent la moindre avancée technologique qui leur est donnée, certains autres accusent un plus grand immobilisme. La finance et le monde bancaire sont de ceux-là.




Un effort d'innovation insuffisant




En effet, si un certain nombre d’avancées est à constater – notamment le développement des brokers internet ou encore des CFD –, force est de constater que tout ça reste de surface. En effet, de nombreux freins à l’innovation demeurent, lesquels représentent à terme un manque à gagner pour l’ensemble de l’économie. Tout ça par manque de transformation.


C’est là le projet de la FinTech – contraction de « financial technology », ou technologie au service de la finance comme on pourrait le traduire. Derrière ce vocable se cache un certain nombre de projets, anciens comme récents, connu du grand public comme réservé à des spécialistes : PayPal est des premiers, Ethereum est des seconds, avec entre eux tout un gradient, comme N26, Revolut, Qonto, etc.


Parmi les exemples cités ci-dessus, on retrouve un processeur de paiement, une crypto-monnaie ainsi que trois néobanques. Entre ces trois projets, rien de commun dans les moyens, mais un objectif qui lui reste toujours le même : fluidifier le marché, faciliter les échanges, augmenter la compétitivité des entreprises.


Sauf qu’aujourd’hui, les avancées sont là, mais demeurent minimes. Si l’ensemble du secteur financier est estimé comme devant d’ici 2022 atteindre une valorisation totale de 26 500 milliards de dollars


[1] MarketScreener, 2019


[2] CB Insight Research, “Global FinTech Report Q2 2019”




Au milieu du chaos, se trouvent des opportunités




Toutefois, comme nous l’avons remarqué en introduction, le coronavirus pourrait changer la donne. En effet, comme l’avait déjà souligné Sun Tzu dans son Art de la guerre, « au milieu du chaos, il y a aussi des opportunités ». Et de fait, c’est en l’absence de recours que se font les plus promptes transformations. En effet, les divers confinements de par le monde ont révélé un grand gagnant : le secteur du e-commerce[1].


Et celui-ci est éminemment corrélé avec le développement des moyens de paiement électronique. Et là encore, les opportunités de développement des acteurs du marché comme les opportunités d’optimisation de l’activité des acteurs historiques sont légions. Pour ne donner que l’exemple de Stripe, celui-ci s’est attaqué il y a de cela plus d’une décennie à un problème tout simple mais pourtant fondamental : comment payer sur un site de e-commerce ? La carte bancaire avait en effet été inventée pour authentifier son détenteur face à un terminal de paiement physique.


Aujourd’hui ce problème s’est amélioré, mais n’a pas disparu : qu’on pense simplement aux tarifs prohibitifs pratiqués par certaines banques de détail pour ce service. Et c’est là que se situe le vivier de croissance non seulement de la FinTech mais aussi de toute l’économie : l’adoption de ses bonnes pratiques par l’ensemble des autres secteurs.


Car, de fait, la FinTech reste aujourd’hui un marché de niche, non seulement par ses chiffres, mais par toute une affaire d’état d’esprit. En effet, les acteurs historiques sont volontiers condescendants face à ce « truc de geek ». Qu’on se tourne simplement dix ans en arrière en repensant aux balbutiements du smartphone pour comprendre comment un changement radical peut arriver en une décennie.


[1] Le chiffre d’affaire d’Amazon a augmenté de 40,23% au deuxième trimestre 2020 par rapport au deuxième trimestre 2019. MacroTrends




Des leçons à tirer pour le secteur financier




Néanmoins, les acteurs historiques ont désormais compris l’intérêt qu’ils ont à tirer d’une coopération étendue avec les innovations de la FinTech. Ainsi, PayPal, qui représente la première génération de la FinTech, héritée de la bulle Internet, un temps hostile aux générations ultérieurs notamment les crypto-monnaies (il était par exemple un temps illégal d’après ses conditions d’utilisations d’acheter du Bitcoin avec des fonds PayPal), a finalement fait machine arrière et manifeste désormais une intégration totale. Plus significatif encore, JPMorgan, la grande banque états-unienne, possède désormais sa propre crypto-monnaie, JPMCoin, et s’est dotée d’un département dédié à la chaîne de blocs (la blockchain) en ce mois d’octobre 2020.


Ainsi, face aux problèmes que nul ne peut plus ignorer, il semblerait qu’une dynamique pérenne de normalisation de la FinTech soit à l’œuvre actuellement, et destinée à se poursuivre dans les années qui viennent.


Tout comme l'explosion du smartphone fut spectaculaire et imprévue, celle de la FinTech pourrait (et va) probablement suivre le même chemin. Or, comme le dit l'adage, le temps c'est de l'argent, et en matière d'innovation, être en avance sur la concurrence de plusieurs années peut s'avérer être une source de profits non négligeable. Dès lors, SKEMA Conseil s'efforce chaque jour d'aider entrepreneurs comme grands groupes à saisir ces opportunités avant leurs concurrents par un dispositifs étoffé de veilles juridique et sectorielle. Alors, ne restez pas assis à regarder le train des innovations passer. Le prochain Facebook pourrait être votre voisin. Vous aussi, prenez un temps d'avance grâce à SKEMA Conseil !


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Rédigé par Lucas Joly


 

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