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La finance verte : tendance en vogue ou concept durable ?

6 mars 2020 : SKEMA Conseil

La finance verte : tendance en vogue ou concept durable ?

 LA FINANCE VERTE : CONCEPT ET ENJEUX


La finance verte regroupe l’ensemble des activités financières visant à accompagner la transition énergétique et à lutter contre le réchauffement climatique. La finance verte se distingue de la finance traditionnelle en prenant en considération l’impact environnemental et social des investissements contractés.


D’après le ministère de l’économie et des finances, on estime que l’investissement moyen requis dans le secteur énergétique pour limiter la hausse du réchauffement climatique mondial à 1,5 degré, d’ici 2050, est de 830 milliards de dollars par an. Les adaptations nécessaires face aux changements climatiques représentent un défi colossal pour les économies et les politiques publiques des grands Etats. Ces derniers doivent converger afin de promouvoir et d’accompagner les entreprises et les particuliers à se tourner vers la finance verte.


A l’heure actuelle, la ville de Paris est « avant-gardiste » sur le sujet puisqu’elle représente 44% des financements verts parmi les places financières des pays du G7, entre 2009 et 2017.


Bien qu’elle soit en plein essor, la finance durable manque à ce jour d’un cadre réglementaire clair au niveau national et international pour déterminer les placements considérés comme verts. Les gouvernements se concentrent principalement sur la transparence de l’information, à l’image de la loi sur la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique (LTECV) de 2015. Cette loi contraint d’une part les entreprises cotées en bourse à communiquer leur empreinte carbone et les actions mises en place pour la réduire, et d’autre part les grands investisseurs à déclarer la manière dont les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont implémentés dans leur politique d’investissement.


Cependant, certaines entreprises usent du « green washing », qui consiste à utiliser les zones d’ombres au niveau de la loi pour se targuer de combats écologiques desservant les campagnes marketing.


LES SOLUTIONS EXISTANTES PERMETTENT DE DISTINGUER PLUSIEURS NIVEAU DE LECTURE


Il existe plusieurs types de fonds et de labels mis en place par le gouvernement. Ceux-ci témoignent de différents niveaux d’implication au niveau environnemental.



  • Les fonds ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) prennent en considération de multiples facteurs allant de la gestion des déchets à l’indépendance du conseil d’administration, en passant par la prévention des accidents et la réduction des gaz à effet de serre. Les critères ESG restent insuffisants puisqu’ils couvrent un large panel d’actions au sein de l’entreprise. Une entreprise très polluante pourrait posséder des actions dans un fonds ESG en faisant preuve à la fois de respect des droits des employés et d’une bonne gouvernance. Si l’évaluation des critères n’est pas judicieusement effectuée, cela peut s’avérer plus néfaste que bénéfique, faisant des fonds ESG un nouveau moyen pour réaliser de l’écoblanchiment de la part des entreprises.

  • Le label ISR (investissement socialement responsable) est un label délivré aux entreprises par Afnor Certification et EY France. Respectant un cahier des charges très précis, il repose notamment sur l’adéquation des portefeuilles d’actions avec les critères ESG. Associé uniquement aux fonds d’investissement, on retrouve ce label notamment dans des contrats d’assurance vie, des solutions d’épargne salariale ou des PEA (plan d’épargne en actions). Tout comme les fonds ESG, le label ISR reste limité en matière d’écologie car il n’exclut pas les entreprises liées au charbon, au nucléaire ou au pétrole.

  • Le label Greenfin est, quant à lui, bien plus sévère que les certifications précédentes. Créé par le ministère de l’écologie, ce dernier est composé uniquement de fonds d’investissement prenant en considération la transition écologique et énergétique. Afin de l’obtenir, les entreprises candidatant doivent justifier d’un pourcentage majoritaire de leurs actifs dans de nombreux domaines, dont : le bâtiment, l’industrie, la gestion des déchets et le contrôle de la pollution, l’adaptation au changement climatique, l’énergie ou encore les transports propres. Le label Greenfin évalue plusieurs critères qui doivent être honorés comme le domaine d’activité, l’exclusion partielle ou totale de certains secteurs comme la production d’énergies fossiles et le nucléaire et l’impact réel sur la transition énergétique et écologique. Les fonds d’investissement Greenfin ont atteint les 6 milliards d’euros fin 2019 mais restent néanmoins nettement moins représentés que les fonds ISR (128 milliards d’euros).


En définitive, la finance verte comprend de nombreux enjeux cruciaux pour l’avenir de nos sociétés et de nos économies. Malgré sa progression continue depuis sa création, il manque une cohésion dans les placements disponibles en France. De nouvelles perspectives doivent à tout prix se dessiner à l’échelle mondiale afin d’atteindre les objectifs de la lutte contre le réchauffement climatique établis par la communauté scientifique. Une grille de lecture commune permettant l’émergence de titres profondément ancrés dans le maintien de la biodiviersité et la préservation de l’environnement pourrait rendre les espaces de vie meilleurs pour tous, ou, du moins, les maintenir dans des conditions viables pour les générations futures.



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Léo Béchet, Responsable Developpement Commercial chez Skema Conseil, antenne de Paris. 





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